La solarisation en maraîchage

Principe de la solarisation

Sur un sol préparé et abondamment humidifié, un paillage plastique transparent permet d’élever la température. L’eau stockée assure la transmission de la chaleur en profondeur par conduction. Elle a un effet :

  • sur les agents pathogènes du sol : destruction certains champignons du sol pathogènes sur salade (Olpidium, vecteur du virus du Big Vein et de la maladie des taches orangées, Sclerotinia, Rhizoctonia, Pythium), sur melon (Sclerotinia et Rhizoctonia) ou sur courgette (Fusarium solani). L’efficacité sur verticilliose n’est pas garantie.

  • sur les plantes adventices : destruction des graines de certaines plantes adventices : amarante, capselle, chénopode, morelle, mouron, ortie, pâturin, séneçon … Peu efficace contre chiendent, pourpier, liseron…
  • sur les micro-organismes utiles :  la solarisation a un effet plus destructeur sur les pathogènes que sur la microflore utile du sol. Cet effet sélectif permet de préserver les champignons antagonistes (utiles) comme les Trichoderma.
  • sur les nématodes, avec une efficacité limitée, sauf si elle est réalisée très régulièrement sur des sols peu contaminés au départ. Autrement, il faudra la combiner avec d’autres techniques de protection préventives (greffage, rotations…)

Mode opératoire

Période favorable et durée : il est conseillé de mettre en place la solarisation lorsque les parcelles sont libres en été, et de la laisser en place 45 jours minimum (sous abris, 60 jours en plein champ). Son démarrage doit être accompagné d’au moins 3 jours consécutifs de grand soleil pour favoriser une élévation rapide de la température.

Travail du sol : le sol est travaillé comme pour une plantation ou un semis pour obtenir une structure fine et régulière sur 25 à 30 cm, et un bon contact entre le sol et le paillage plastique.

Le plein en eau du sol : un arrosage abondant par aspersion doit permettre de faire le plein du sol sur 50 cm de profondeur. Le sol doit rester humide pendant toute la durée de la solarisation.

Le choix du plastique : choisir un paillage plastique transparent, «spécial solarisation».

La pose du paillage : lorsque le sol est ressuyé après l’aspersion, le paillage doit être posé de manière à être bien tendu et bien plaqué au sol, pour éviter absolument tout passage d’air sous le film plastique.

Conduite du climat : la réussite de la solarisation est liée à une montée rapide des températures après le bâchage. Les abris ne doivent pas être blanchis et les portes doivent être maintenues fermées. Pour éviter d’endommager les installations d’irrigation, garder de l’aération au faîtage pour avoir un effet « cheminée ».

Désherbage : pour capter un maximum de soleil, broyer si besoin les abords des abris pour éviter que la végétation ne soit trop haute.

Précautions après solarisation

Travail du sol et remise en culture : travailler le sol superficiellement évite de favoriser la remontée de graines adventices ou des pathogènes non détruits par la solarisation.

Fertilisation : la solarisation accentue la minéralisation de la matière organique, ce qui induit une augmentation du taux de nitrates dans le sol : après solarisation une analyse s’impose avant toute fertilisation azotée, et il est courant de faire l’impasse sur la fertilisation organo-minérale pour la culture suivante.

Ces données sont issues d’une fiche de la collection “ressources” présentant les références techniques acquises dans le cadre des travaux d’expérimentation des stations régionales fruits et légumes de la région. Elle détaille avec plus de précision la mise en œuvre pratique de la solarisation : Fiche solarisation en maraîchage 2011.

En maraîchage, le Grab collabore avec l’APREL à l’élaboration de ces documents, téléchargeables sur le site de la chambre régionale d’agriculture.