Résultats 2015 : Engrais verts sous abri et en plein champ

02 Août 2016

L’utilisation de couverts végétaux fait partie intégrante de la gestion de la fertilité des sols en AB. Le choix de couverts végétaux utilisés en engrais verts avec broyage et incorporation par le travail du sol a été étudié de façon relativement importante en maraîchage, mais leur impact sur la nutrition des cultures (notamment avec des engrais verts de légumineuses) est moins bien connu. Le GRAB a réalisé en 2015 un nouvel essai sur les engrais verts d’hiver et d’été sous abri froid uniquement afin de renforcer l’intérêt de ces couverts végétaux à base de graminées et de légumineuses constaté lors des précédents essais.

Engrais verts d’hiver

L’équipe de Hélène Vedie, intervenante du GRAB, a implanté des engrais verts en hiver (janvier 2015) sous abri, avec 4 modalités à base de légumineuses (vesce, trèfle incarnat, féverole…) seules ou en mélange avec des graminées (seigle ou ray-grass d’Italie). Les engrais verts ont poussé en conditions particulièrement froides, avec une température moyenne inférieure à 7°C. Dans ces conditions, les graminées s’avèrent beaucoup plus adaptées que les légumineuses qui ont visiblement souffert des températures basses, avec un retard de développement important pour la féverole et la vesce, et très peu d’installation du trèfle dont la croissance a été stoppée tout l’hiver. Après un cycle de 3 mois, l’équipe du GRAB a obtenu des biomasses peu élevées, de l’ordre de 15 t de matière fraîche (2,5 tonnes de matière sèche) à l’hectare, avec une proportion d’adventices importante pour les couverts constitués uniquement de légumineuses. Les différents couverts n’ont pas eu d’effet différencié sur le rendement de la culture de melon qui a suivi, malgré des teneurs en azote du sol différentes pendant les 4 premières semaines, et des différences de vigueur visibles sur la culture.

Engrais verts d’étéengrais verts d'été

Un essai a été conduit sous abri durant l’été 2015 sur la station expérimentale du GRAB et au lycée François Pétrarque. L’équipe de Hélène Vedie a réimplanté les espèces préalablement sélectionnées en 2013 et 2014 : niébé, lablab, pois fourrager et trèfle pour les légumineuses, seules ou en mélange avec le sorgho fourrager et le millet perlé comme “tuteurs” appartenant à la famille des graminées. Les doses se sont révélées adaptées, notamment pour le niébé à 80 kg/ha en mélange avec du sorgho ou du millet à la dose réduite de 10kg/ha, tant au niveau de la compétition avec les adventices que du développement du couvert. Les biomasses produites ont atteint entre 5 et 10 tonnes de matière sèche à l’hectare en 40 jours environ. Mais comme en 2013, et contrairement à 2014, il y a eu très peu de nodosités fonctionnelles, et les rapports C/N sont élevés, de 22 pour le niébé à 34 pour le sorgho. La question de l’intérêt de légumineuses comme le niébé pour améliorer la disponibilité en azote du sol reste donc entière dans nos conditions. Une culture de batavia blonde a été plantée en octobre 2015 pour mesurer l’effet des engrais verts sur la croissance. Les différents engrais verts, à base de légumineuses seules ou d’un mélange graminée + légumineuse, ont donné des résultats équivalents sur les poids moyens de la salade. Il n’y a pas eu non plus de différence significative avec le témoin sans engrais vert, recouvert d’une bâche plastique. On peut donc imaginer que les fournitures par le sol ont été suffisantes pour couvrir les besoins de la salade, sans que la minéralisation des engrais verts n’ait induit de différence, positive ou négative.

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