LLPP Le Living Lab PARiCI Poire Bio

Anticipons ensemble le potentiel retrait du cuivre en filière poire dans le Sud-Est

Classé substance candidate à la substitution au niveau européen, le cuivre pourrait voir son usage restreint dans les années à venir, comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays.

La tavelure du poirier touche les feuilles, les fruits mais est aussi à l’origine de chancre sur bois (photo M. Courtin, Grab)

La filière poire fait face à un défi majeur : maîtriser la tavelure sans recours au cuivre, dans un contexte de changement climatique et de vulnérabilité accentuée par des vergers le plus souvent monovariétaux.

Ce défi est d’autant plus crucial que la gamme variétale disponible est sensible à ce champignon, que les solutions phytosanitaires sont peu nombreuses et que des lacunes existent dans la connaissance sur la biologie de la maladie sur poire, différente de la tavelure de la pomme.

Maîtriser la tavelure sans recours au cuivre, dans un contexte de changement climatique et de vulnérabilité liée à des vergers le plus souvent monovariétaux

La région PACA est la première région française en termes de surfaces dédiées à la culture du poirier. Le climat provençal avec un fort ensoleillement et le Mistral favorisent la maturation et une bonne qualité gustative des fruits. La production est ainsi très axée sur les poires d’été comme Docteur Jules Guyot ou bien Williams verte et rouge.

La variété Williams, l’une des variétés phares produite en PACA, est très sensible à la tavelure (Photo A. Courteille, INRAE)

Si la tavelure et le retrait du cuivre impactent en premier lieu la Williams conduite en bio, des difficultés apparaissent également en Williams en conventionnel, et à plus long terme sur la plupart des autres variétés. Le cuivre permet en effet de gérer la tavelure mais est également utile sur de nombreux autres champignons et bactéries.

Construisons et testons ensemble les solutions de demain !

Copiloté par le Grab et l’unité de recherche INRAE Ecodéveloppement, le Living Lab PARiCi Poire a pour ambition de réunir pour la première fois les acteurs de la filière poire bio sud-est pour concevoir, tester et adapter des solutions alternatives, en lien direct avec les réalités du territoire.
Echanges, partage des visions, recherche de solutions en collectif, production de nouvelles connaissances, … ce dispositif rassemble les acteurs autour de projet commun. La dynamique de groupe facilitera la reconception du verger de poiriers, mais aussi la recherche d’adaptations à l’échelle de l’ensemble de la filière pour assurer le déploiement de ce type de vergers.

Quatre axes de travail sont déjà identifiés, à compléter avec les acteurs de la filière poire :

  • Diversifier les variétés cultivées de poire
  • Approfondir les connaissances sur cette tavelure
  • Tester et évaluer des alternatives au cuivre
  • Adapter la filière via une concertation multi-acteurs, de l’amont (pépiniéristes) à l’aval (mise en marché, valorisation commerciale)
Récolte de poires Williams : seraient-elles aussi belles sans cuivre ? (Photo M. Courtin, Grab)
La variété Kiara est peu sensible à la tavelure mais est encore peu connue des producteurs et consommateurs. (Photo A. Courteille, INRAE)
La variété joue sur la couleur des purées de poires après transformation : comment le consommateur, habitué au jaune clair, peut-il s'adapter à d'autres teintes ? (photo B. Gouble, INRAE). De gauche à droite : Williams Rouge-Président Héron-Professeur Lemoine-Abbé Fétel-Campanette

Notre démarche pour innover ensemble, face à un retrait potentiel du cuivre

  • Un diagnostic pour comprendre les pratiques et stratégies de tous les acteurs de la filière poire afin d’identifier les obstacles et opportunités à l’émergence d’innovations
  • Des ateliers collaboratifs pour créer des prototypes d’innovations et ajuster les stratégies des acteurs
  • L’expérimentation des prototypes et leur évaluation en conditions réelles

Les partenaires

Sous l’impulsion du Grab et de l’unité de recherche INRAE Ecodéveloppement, cette dynamique collective appelée Linving Lab vise à associer l’ensemble de la chaîne de valeur, des producteurs jusqu’aux consommateurs, dans le but de créer une ou des filières cohérentes et résilientes. Ce « laboratoire vivant » est ouvert aux agriculteurs, chercheurs, techniciens, acteurs économiques et citoyens afin de co-construire et tester des solutions adaptées aux réalités locales de la filière poire dans le sud est.

Les pilotes du living Lab PARiCi Poire Sud-est 

Ces travaux s’inscrivent dans le projet PARiCI en Bio,  qui relève du Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA), plan d’action piloté par le ministère chargé de l’Agriculture et financé par les crédits issus de la planification écologique.

La responsabilité du Ministère chargé de l’agriculture ne saurait être engagée.