Bilan des essais réalisés en maraichage biologique en cultures maraîchères d’été (novembre 2021)

Par Catherine MAZOLLIER, ingénieur d’expérimentation en maraîchage et Abderraouf SASSI, technicien d’expérimentation au GRAB

Ce projet conduit de 2018 à 2020 visait à sélectionner les matériels végétaux les plus performants en situation de restriction hydrique en arboriculture et maraichage (en AB). Il reposait sur un programme d’expérimentation conduit pendant 3 ans qui a permis de fournir des informations aux producteurs sur les porte-greffes et variétés assurant une meilleure efficience de l’eau.

En maraîchage (biologique), ce projet visait à étudier, le comportement de différentes variétés et porte-greffes en situation de restriction hydrique pour 3 cultures greffées sous abri (aubergine en 2018, tomate en 2019 et concombre en 2020). Pour ces 3 essais, on a mis en œuvre 2 régimes distincts d’irrigation par goutte à goutte, pilotés par sondes tensiométriques Watermark positionnées à 30 cm de profondeur :

  • Irrigation « normale » (valeurs tensiométriques de 20 à 40 cbar à la profondeur de 30 cm),
  • Irrigation « restreinte » (valeurs tensiométriques de 50 à 70 cbar à la profondeur de 30 cm).

Les variables étudiées étaient la vigueur et le rendement, mais également le comportement des cultures vis-à-vis des problèmes sanitaires et physiologiques, ainsi que la qualité organoleptique (tomate).

La valorisation et la diffusion des résultats ont été réalisées par la présentation de ces 3 essais lors des portes ouvertes du GRAB (juillet 2018, 2019 et 2020), ainsi que par la diffusion des comptes rendus d’essais (site GRAB, diffusion au réseau bio régional, formations aux agriculteurs …).

Le GRAB a bénéficié de l’appui technique du CRIIAM SUD (ex ARDEPI), station d’expérimentation spécialisée en irrigation, qui a assuré l’expertise du réseau d’irrigation et l’appui méthodologique.

Bilan des essais en maraîchage (cultures greffées sous abris)

– 2018 (aubergine) : comparaison de 2 stratégies d’irrigation, de 2 porte greffe et de 4 variétés :
la restriction hydrique pratiquée (17% de quantité d’eau en moins apportée par goutte à goutte) a induit une perte moyenne de rendement de 10% pour les 2 porte greffe et les 4 variétés étudiées. Les taux de 2ème choix (2%) et de déchets (0.5 fruit/m²) étaient très faibles et similaires pour les 2 modalités d’irrigation, les 4 variétés et les 2 porte-greffes.

 

 

2019 (tomate Cœur de Bœuf, variété Gourmandia, porte- greffe Empérador) ; comparaison de 2 stratégies d’irrigation :

La restriction hydrique s’est traduite par une consommation d’eau inférieure de 24% pour le goutte à goutte ; elle a permis de réduire le taux de 2ème choix (moins de fentes) et d’améliorer la qualité interne, avec un taux de sucre plus élevé (indice réfractométrique moyen de 6.16, contre 4.74 en irrigation normale). Elle a induit un rendement précoce identique au témoin mais elle a entraîné un rendement final inférieur de 13%, et un calibre plus petit (258 g contre 274 g).

 

 

2020 (concombre, variété Diapason) : comparaison de 2 stratégies d’irrigation et de 2 porte greffes :

La restriction hydrique a permis de réduire de 23 mm la consommation d’eau par goutte à goutte (soit 24%) ; pour les 2 porte greffe comparés (Flexifort et Cobalt), elle n’a pénalisé ni la vigueur des plantes, ni le rendement (précoce et final), ni l’état sanitaire ; elle a cependant induit davantage de fruits déformés (14% au lieu de 8%).

 

 

Conclusion : ces 3 essais ont permis d’affiner les connaissances concernant les itinéraires techniques de restriction hydrique pour 3 cultures majeures en maraichage sous abris. Ils ont mis en évidence qu’une restriction hydrique raisonnable (17% en aubergine,24% en tomate et concombre) peut induire une légère perte de rendement mais ne compromet pas la rentabilité de la culture ; le choix du porte greffe peut modifier l’impact de cette restriction hydrique.