Biodiversité fonctionnelle en agroforesterie: l’enherbement sur le rang, un outil pour limiter les ravageurs ?

L’objectif de cet essai est d’adapter la stratégie des bandes fleuries au contexte particulier des parcelles agroforestières. Un certain nombre de ravageurs est commun aux cultures légumières et fruitières (pucerons, lépidoptères) ; il est donc possible d’envisager des bandes fleuries qui puissent jouer un rôle sur les cultures annuelles (légumes) et pérennes (arbres fruitiers). Cet essai a permis de mettre en évidence l’intérêt de la bande fleurie comme couvre-sol au pied des arbres. Les cinq espèces choisies (alysse, achillée, lotier, centaurée jacée, souci) se sont bien maintenues en deuxième année et ont assuré une bonne couverture, qui a limité le développement des adventices. En parallèle, la bande fleurie a fortement favorisé les ennemis naturels : x3 pour les auxiliaires aphidiphages, x2 pour l’ensemble des auxiliaires. Considérant l’intérêt pour les arbres fruitiers, il apparaît une différence de comportement entre les deux variétés de pommier. Sur Goldrush, la présence de bandes fleuries a permis une présence précoce d’auxiliaires dans les pommiers, ce qui a limité l’attaque de pucerons verts par rapport aux parcelles témoin sans bandes fleuries. Sur Akane, l’intérêt des bandes fleuries semble moins net : les attaques de pucerons cendré et vert sont plus importantes dans les parcelles avec bandes fleuries, comparées au témoin. Les auxiliaires y sont aussi moins nombreux. Ces différences ne peuvent être expliquées par une hétérogénéité créée par la bande fleurie : les auxiliaires dans les bandes fleuries sont aussi nombreux, quelle que soit la variété de pommier. Certaines variétés de pommier seraient-elles plus attractives pour certains auxiliaires ?

Un mélange simple de trois espèces (bleuet, vesce, sarrasin) a été planté au sein de parcelles de chou afin d’évaluer leur intérêt dans la régulation de différents ravageurs (dont les pucerons cendrés). Les bandes fleuries ont été plantées en même temps que les choux. Les attaques de pucerons ont été évaluées à différentes distances de la bande fleurie. Il apparaît que, dans des conditions d’attaques faibles en pucerons, la bande fleurie réduit les attaques de pucerons cendrés, en diminuant la fréquence d’attaque d’environ la moitié, alors que l’intensité d’attaque ne semble pas être modifiée. Ces premiers résultats confirment des premières tendances observées en 2018, mais il est nécessaire de poursuivre les essais afin de confirmer l’intérêt de ces bandes fleuries et de mieux évaluer les distances minimales requises entre les différentes bandes fleuries.

Cette action a reçu le soutien financier  la région Provence-Alpes-Côte d’Azur