PROJET NewDIL : De nouvelles diversités comme leviers de régulation des ravageurs dans les vergers-maraîchers

Années : 2025 – 2027
Thématiques : Lutte biologique par conservation ; Système et itinéraire technique ; Matériel végétal adapté ; Gestion des bioagresseurs ; Diversification
Productions : Maraîchage, arboriculture, agroforesterie
Mots clés : Agroforesterie, Verger-Maraîcher, Lutte biologique, ESSU, Organisation du travail
Présentation
Associer des arbres fruitiers et des cultures légumières sur une même parcelle — ce qu’on appelle un verger-maraîcher — est une pratique agroforestière en plein développement. Mais quel est réellement son effet sur la régulation naturelle des ravageurs, sur le recours aux produits phytosanitaires et sur le fonctionnement des exploitations qui s’y engagent ? Porté par le Grab avec quatre partenaires de recherche, le projet NewDIL se propose de le quantifier à toutes les échelles : de l’association simple entre un pommier et une espèce légumière jusqu’aux systèmes diversifiés en conditions réelles de production.
Pourquoi ce projet ?
Les vergers-maraîchers sont des systèmes agroforestiers à très haute diversité végétale : jusqu’à 7 espèces fruitières et 28 espèces de légumes peuvent y cohabiter sur moins d’un hectare (Alfonzo-Lopez et al., 2017). Cette diversification est associée à une baisse marquée des indices de fréquence de traitement (IFT), alors que les cultures pures de fruits et de légumes comptent parmi les plus consommatrices de produits phytopharmaceutiques (Castel et al., 2019).
Pourtant, l’effet de l’association entre arbres fruitiers et cultures annuelles sur la régulation naturelle des ravageurs reste peu documenté scientifiquement, et les producteurs manquent encore de références pour concevoir et organiser ces systèmes complexes au quotidien.
Les objectifs du projet
- Identifier les associations entre une espèce fruitière et une espèce légumière qui sont favorables à la régulation des ravageurs.
- Quantifier les effets de la diversification sur la production, la régulation naturelle des ravageurs et le recours aux produits phytopharmaceutiques, à différentes échelles (association simple, parcelle, ferme).
- Comprendre les leviers organisationnels et sociologiques qui influencent l’adoption et la performance de ces systèmes hautement diversifiés, à l’échelle de la parcelle et de l’exploitation.
La démarche
Le projet s’organise en trois actions de recherche complémentaires, associées à une action transversale de coordination et de valorisation :
- Action 1 — capitaliser les connaissances existantes sur les associations pommier-légumes et évaluer, en dispositif expérimental factoriel, l’effet de plusieurs associations sur la régulation des ravageurs (essais dans le Vaucluse et le Finistère).
- Action 2 — caractériser les unités spatiales fonctionnelles (ESSU) présentes dans un gradient de diversification, du maraîchage et de l’arboriculture en cultures pures jusqu’aux vergers-maraîchers ; et quantifier leurs effets sur la biodiversité fonctionnelle et les performances de production (réseau de 12 parcelles en conditions producteurs dans le bassin de production d’Avignon).
- Action 3 — identifier grâce à des enquêtes et des entretiens les leviers organisationnels mobilisés par les producteurs pour gérer la diversité cultivée et les bioagresseurs ; mesurer la désirabilité de ces systèmes auprès des futures générations de porteurs de projet, en lien avec des lycées agricoles.
Le projet s’appuie notamment sur le concept d’ESSU (unité spatiale fonctionnelle des services écosystémiques) qui propose de caractériser et de mesurer la diversité des espèces cultivés et des éléments non cultivés. Le projet s’appuie également sur les acquis de précédents projets menés par le Grab et ses partenaires sur les vergers-maraîchers (Smart, SAM, Vertical, Empusa).

Le Grab dans ce projet
Le Grab porte et coordonne le projet NewDIL. Au-delà de la coordination d’ensemble, le Grab contribue à l’ensemble des volets de recherche. Il co-pilote ainsi :
- L’action 1 avec INRAE (UR Ecodéveloppement & UMR Agronomie) en conduisant les essais factoriels d’associations pommier-légumes : sur la station du Grab dans le Vaucluse et sur la plateforme Awen bio dans le Finistère.
- L’action 2 avec Avignon Université en assurant la caractérisation des ESSU et en contribuant au suivi des cultures et de la biodiversité fonctionnelle sur les 12 parcelles du réseau.
- L’action 3 avec INRAE (UR Ecodéveloppement) en contribuant aux enquêtes pour identifier les leviers organisationnels mobilisés par les producteurs.
Partenaires
NewDIL réunit quatre partenaires de recherche aux côtés du GRAB, chef de file :
- INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) : UR Ecodéveloppement & UMR Agronomie
- IRD (Institut de Recherche et de Développement) : UMR AMAP
- Avignon Université : UMR IMBE
- GCP (Groupe Chiroptères de Provence)
Le projet s’appuie également sur une douzaine d’exploitations agricoles qui accueillent les suivis de terrain (notamment les vergers-maraichers de la ferme pilote de la Durette et de la ferme du Colibri), ainsi que sur des lycées agricoles associés à l’action consacrée à la désirabilité des vergers-maraîchers auprès des futures générations de producteurs.
Financeurs
Le projet NewDIL est financé dans le cadre du plan Ecophyto II+, piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB).

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