PROJET NewDIL : De nouvelles diversités comme leviers de régulation des ravageurs dans les vergers-maraîcher

Années : 2025 – 2028

Thématiques : Matériel végétal adapté ; Gestion des bioagresseurs ; Système et itinéraire technique

Productions : Maraîchage, arboriculture, agroforesterie

Mots clés : Agroforesterie, ESSU, Verger-Maraîcher, Lutte biologique, Organisation du travail

Présentation

Associer des arbres fruitiers et des cultures légumières sur une même parcelle — ce qu’on appelle un verger-maraîcher — est une pratique agroforestière en plein développement. Mais quel est réellement son effet sur la régulation naturelle des ravageurs, sur le recours aux produits phytosanitaires et sur le fonctionnement des exploitations qui s’y engagent ? Porté par le GRAB avec quatre partenaires de recherche, le projet NewDIL se propose de le quantifier à toutes les échelles : de l’association simple entre un pommier et une espèce légumière jusqu’aux systèmes diversifiés en conditions réelles de production.

Pourquoi ce projet ?

Les vergers-maraîchers sont des systèmes agroforestiers à très haute diversité végétale : jusqu’à 7 espèces fruitières et 28 espèces de légumes peuvent y cohabiter sur moins d’un hectare. Cette diversification est associée à une baisse marquée des indices de fréquence de traitement (IFT), alors que les cultures pures de fruits et de légumes comptent parmi les plus consommatrices de produits phytopharmaceutiques.

Pourtant, l’effet de l’association entre arbres fruitiers et cultures annuelles sur la régulation naturelle des ravageurs reste peu documenté scientifiquement, et les producteurs manquent encore de références pour concevoir et organiser ces systèmes complexes au quotidien.

Les objectifs du projet

  • Identifier les associations entre une espèce fruitière et une espèce légumière favorables à la régulation des ravageurs ;
  • Quantifier les effets de la diversification sur la production, le recours aux produits phytopharmaceutiques et la régulation naturelle des ravageurs, à différentes échelles (association simple, parcelle, ferme) ;
  • Comprendre les leviers organisationnels et sociologiques qui influencent l’adoption et la performance de ces systèmes hautement diversifiés, à l’échelle de la parcelle et de l’exploitation.

La démarche

Le projet s’organise en trois actions de recherche complémentaires, associées à une action transversale de coordination et de valorisation :

  • Action 1 — capitaliser les connaissances existantes sur l’association pommier-légumes et évaluer, en dispositif expérimental factoriel, l’effet de plusieurs associations sur la régulation des ravageurs (essais conduits en Vaucluse et à Morlaix, en Bretagne) ;
  • Action 2 — caractériser les unités spatiales fonctionnelles (ESSU) présentes dans un gradient de diversification, du maraîchage et de l’arboriculture en cultures pures jusqu’aux vergers-maraîchers, et quantifier leurs effets sur la biodiversité fonctionnelle et les performances de production, sur un réseau de 12 parcelles du bassin de production d’Avignon ;
  • Action 3 — identifier, par enquêtes et entretiens, les leviers organisationnels mobilisés par les producteurs pour gérer la diversité cultivée et les bioagresseurs, et mesurer la désirabilité de ces systèmes auprès des futures générations de porteurs de projet, en lien avec des lycées agricoles.

Le projet s’appuie notamment sur le concept d’ESSU (unité spatiale fonctionnelle des services écosystémiques), qui permet de décrire finement l’agencement spatial des espèces cultivées et des éléments non cultivés, ainsi que sur les acquis de précédents projets menés par le GRAB et ses partenaires sur les vergers-maraîchers (Smart, SAM, Vertical, Empusa).


Le Grab dans ce projet

Le Grab porte et coordonne le projet NewDIL. Au-delà de la coordination d’ensemble, le Grab pilote ou co-pilote plusieurs volets de recherche :

  • avec l’INRAE, il co-porte l’Action 1 et conduit lui-même les essais factoriels d’associations pommier-légumes, sur le site de la Durette dans le Vaucluse ;
  • il co-pilote l’Action 2 avec Avignon Université et contribue à la caractérisation des ESSU ainsi qu’au suivi multi-échelle de la biodiversité fonctionnelle sur les 12 parcelles du réseau, notamment via la cartographie du contexte paysager ;
  • il co-pilote avec l’INRAE l’opération consacrée aux leviers organisationnels mobilisés par les producteurs.

Les résultats attendus côté GRAB incluent une liste d’associations pommier-légumes favorables à la régulation des ravageurs, une typologie des ESSU présents dans les vergers-maraîchers du Vaucluse, ainsi que des références technico-économiques et des supports de transfert (fiches techniques, comptes-rendus d’essais) à destination des producteurs et conseillers.

Partenaires

NewDIL réunit quatre partenaires de recherche aux côtés du GRAB, chef de file :

  • INRAE (unités Ecodéveloppement et Agronomie)
  • IRD (UMR AMAP)
  • Avignon Université (UMR IMBE)
  • GCP – Groupe Chiroptères de Provence

Le projet s’appuie également sur une douzaine d’exploitations agricoles qui accueillent les suivis de terrain (dont les fermes de la Durette, du Colibri, des Possibles et de la Coupe d’Or), ainsi que sur des lycées agricoles associés à l’action consacrée à la désirabilité des vergers-maraîchers auprès des futures générations de producteurs.

Financeurs

Le projet NewDIL est financé dans le cadre du plan Ecophyto II+, piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB).